ONZE35

Retenir son souffle. Explorer l’intérieur.
 

Genre : Expérience documentaire immersif en VR
Durée : 11’35
Réalisation : Pauline Jeanbourquin
État : En développement

En collaboration avec Stéphane Mifsud, détenteur du record mondial d’apnée (11’35).

Ce projet bénéficie du soutien aux projets transmédias de l’OFC - Office fédéral de la culture, du soutien aux expériences numériques de Cinéforom et du soutien au développement de projet (prototype) de la RTS - Radio Télévision Suisse.



Le souffle

ONZE35 est une expérience de réalité virtuelle construite sur une durée précise : 11 minutes 35 secondes, le temps du record mondial d’apnée statique. Cette donnée n’est pas symbolique seulement ; elle structure l’ensemble de l’expérience. Le spectateur traverse un temps réel, compressé et étiré à la fois, où chaque seconde compte.

L’apnée statique consiste à rester le plus longtemps possible le visage immergé, le corps immobile à la surface de l’eau. De l’extérieur, rien ne semble se produire. Pourtant, sous cette apparente immobilité, un combat mental et physique s’engage. Le manque d’air progresse, les contractions apparaissent, la pensée cherche des stratégies pour tenir.

ONZE35 propose d’incarner successivement trois apnéistes — un amateur, une professionnelle et un recordman — afin d’explorer ces stratégies intérieures. L’expérience ne cherche pas à documenter la performance sportive, mais à rendre perceptible l’espace mental que chacun construit pour résister à l’urgence du corps.

L’immersion

La réalité virtuelle permet de créer un isolement proche de celui de l’apnéiste. Une fois le casque en place, l’environnement extérieur disparaît. Le regard ne peut plus se détourner. Le spectateur se retrouve seul face aux images et aux sons qui structurent l’expérience.

La progression est pensée comme une montée en intensité. L’entrée dans l’expérience est douce, presque méditative, avant que l’inconfort ne s’installe progressivement. À tout moment, il est possible de sortir des visualisations mentales pour revenir à l’espace de la piscine. Cette possibilité n’est pas un simple mécanisme technique : elle place l’utilisateur face au même dilemme que l’apnéiste — jusqu’où suis-je prêt à supporter l’inconfort pour aller plus loin ?

L’univers sonore

Le son constitue l’architecture invisible du projet. Pensé en binaural et spatialisé selon les mouvements de tête, il accompagne chaque phase de l’expérience. Respirations, battements de cœur, nappes électroniques et voix intérieures forment une matière immersive qui agit presque physiquement sur le spectateur.

Dans certaines séquences, l’image se raréfie pour laisser au son la responsabilité de maintenir la tension. Cette approche permet de traduire la perception altérée de l’apnéiste lorsque l’oxygène vient à manquer.

Vision

Le projet trouve son origine dans une immersion prolongée au sein du milieu de l’apnée. Au-delà de la performance ou de la recherche de record, c’est la dimension intérieure de cette pratique qui s’impose : la manière dont chaque apnéiste construit un espace mental pour transformer la douleur et le manque d’air en traversée.

L’apnée statique, loin des images spectaculaires de la profondeur marine, révèle un face-à-face immobile avec soi-même. Le corps est contraint, mais l’imaginaire s’ouvre. L’expérience devient une négociation constante entre urgence physiologique et expansion mentale.

La réalité virtuelle apparaît ici comme le médium le plus adéquat pour traduire cet état. Aucun écran frontal ne permettrait de recréer une telle sensation d’isolement et d’engagement sensoriel. L’objectif est de rendre perceptible un phénomène invisible : l’architecture mentale qui se déploie lorsque le corps réclame de respirer.

N°1 : Extraits des visualisations d’Adriano - apnéiste amateur

N°2 : Extraits des visualisations de Daniela - apnéiste professionnelle

N°3 : Extraits des visualisations de Stéphane Mifsud - détenteur du record mondial